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Iran – Analyse politique
29 juillet 2009
Un regard sur le système
de la République Islamique en Iran à travers des évènements récents – juillet
2009
Le peuple iranien s’est élevé contre trente ans de
dictature et de bâillonnement de la République Islamique. Le coup d’état
électoral de Khamenei – Ahmadinejad a été une étincelle dans une poudrière de
trente ans de colère et de dégoût du peuple iranien contre tout le système de
la République Islamique. Nous assistons à l’expression
d’un ras le bol général dont il faut le distinguer des contradictions et
ambitions politiques des factions au sein du régime de la République Islamique.
La protestation populaire se poursuit en Iran,
malgré la répression impitoyable de la milice islamiste (bassidj), les forces
de l’ordre, les gardiens de la
révolution (Sepahe Pasdaran) et les civils du ministère de l’information.
Malgré les déclarations successives de
Moussavi et sa vague verte, destinés à inciter les gens à rentrer chez eux, depuis
13 juin 2009, sous prétexte qu’il n’a pas l’autorisation du ministère de
l’intérieur pour la manifestation et la
tentative de la vague verte de récupérer les protestations populaires à son
compte, en propageant des slogans religieux dans les manifestations, force est
de constater que les jeunes continuent à combattre dans les quartiers, qu’ils
affirment avec détermination et courage le sens de leur lutte en visant le
régime de la République Islamique dans sa totalité. C’est donc bien l’avenir du
pays, et non celui de Moussavi qui est en jeu.
Les luttes du peuple iranien contre le système de
la République Islamique datent de 30 ans. Elles ne sont pas commencées depuis
le coup d’état électoral. Mais ce coup d’état était un élément déclencheur des
protestations récentes. Dans ce sens, la dynamique qui
traverse actuellement la société iranienne, aujourd’hui la rend transparente,
et le monde entier peut voir cette ligne de démarcation qui partage le peuple
et son ras le bol, de ce régime sinistre avec ses différentes composantes qui
s’affrontent entre eux.
Depuis l’annonce de la réélection d’Ahmadinejad
le 12 juin 2009, la concurrence larvée entre les différentes factions au
pouvoir s’est transformée en guerre ouverte. Quatre candidats, issus du sérail
islamiste, ont eu la bénédiction du « Conseil de Surveillance » à
concourir, mais le Guide suprême et le clan au pouvoir avaient désigné le
vainqueur bien avant les élections. Ceux
qui « défient » le clan Ahmadinejad ne sont pas des opposants traditionnels de la République Islamique,
mais il s’agit des fidèles et acteurs clés ayant joué un rôle majeur dans la
mise en place du système de la République Islamique en 1979.
Le clergé chiite, malgré des contradictions
importantes en son sein, a toujours eu de l’influence dans des différentes
institutions du régime, car il est la colonne vertébrale du régime. Tant que
Khomeiny était vivant, il arrivait unir toutes ces institutions parallèles au
sein du pouvoir. Chaque fois qu’il y avait divergences entre les composantes du
système, il mettait l’accent sur l’intérêt de l’islam et ainsi il jouait le
rôle de l’unificateur au sein du régime. Mais avec la mort de Khomeiny, non
seulement son successeur n’avait pas le même profil mais aussi il était
contesté par une grande partie du clergé. Ainsi à sa mort, les divergences
entre les factions du régime ont éclaté.
Bien que les deux tendances rivales soient
d’accord sur l’existence du système de la république islamique mais ils veuillent
assurer cela avec deux méthodes différentes. Les « réformateurs »
veulent, tout en augmentant le contrôle sur la société, assouplir un peu le
cadre strict de la vie sociale. Par exemple autoriser les femmes de devenir
président de la république ou laisser les femmes de sortir du pays sans avoir
l’autorisation préalable de leurs époux. Mais la tendance
« conservatrice » estime qu’il faut continuer la répression de la
population pour pouvoir préserver le système de la république islamique.
La candidature de Mohsen Rézaï, 1er
dirigeant des pasdarans (Les gardiens de la révolution) désigné par Khomeini
dès 1979, contre Ahmadinejad, lui-même ancien pasdarans, indiquait déjà les
divisons qui traversent cette organisation militaire placée sous l’autorité
directe du guide suprême. Selon plusieurs sources, une vingtaine d’officier des
Pasdaran de haut rang auraient été
arrêtés.
Khamenei, dans son prêche du 19 juin 2009 (1er
après les élections et ensuite la révolte populaire), contrairement à ce
qu’attendait son entourage, s’est montré incapable de trouver les mots
réconciliant toutes les fractions du régime afin de rétablir l’ordre au sein du
pouvoir. Il était net et précis. Khamenei s’est aligné sur Ahmadinejad. Il a en
fait annoncé officiellement sa complicité dans le coup d’état électoral.
Ce discours a bien changé les mots d’ordre des
manifestants du jour au lendemain. « Moussavi, nous te soutenons »,
« ou est passé mon vote », etc.
sont transformés à « à bas
Khamenei », « à bas la république islamique». Les femmes et les
jeunes dépassent complètement, depuis longtemps, le cadre du système islamique
avec leurs luttes quotidiennes.
Bien loin de soutenir Moussavi, la population,
par sa mobilisation spontanée, a accentué les divisions au sein du sérail,
affaiblit la dictature religieuse et a poussé celle-ci à l’implosion.
La répression sanglante, les arrestations,
l’interdiction des journalistes et la coupure des réseaux téléphoniques et
d’Internet n’ont pas empêché le développement du mouvement. Le discours
menaçant de Khamenei le 19 juin 2009 et l’interdiction des manifestations n’ont
pas entamé leur détermination. Les forces anti-émeute, la police secrète, les
bassidjis et les nervis à la solde du régime ont tout fait pour empêcher la
manifestation du samedi 20 juin sans succès. A Téhéran, les affrontements ont
éclaté rapidement et le bilan est sanglant : des dizaines de morts, des
centaines d’arrestations et de blessés et un nombre indéterminé de disparus.
Depuis, les nervis du régime et les bassidjis
quadrillent Téhéran et les grandes villes, empêchant tout rassemblement. Pour
autant, pas un jour ne passe sans tentative de manifestation et la mobilisation
prend d’autres formes. Les protestations sont maintenant propagées dans tous
les quartiers au lieu d’un seul lieu de rassemblement ou un seul parcours de
manifestation. Les mères des prisonniers politiques et des disparus ont appelé
à se rassembler dans tous les parcs des différentes villes tous les samedis de 19 heures à 20 heures.
Contrairement
aux adjectifs que les médias occidentaux collent sur les candidats officiels de
la République Islamique, comme « démocrate » ou « conservateur »,
les 4 candidats font parties des composantes de système de la République
Islamique. C'est très difficile d'appliquer l'étiquette «démocrate» à ces
personnages candidats aux élections qui ont tous exercé et exercent toujours des
fonctions extrêmement importantes au sein du régime. Il faut rappeler que les
quatre candidats s’estiment fidèle à la constitution islamiste et au guide
suprême et insistent sur l’existence du système de la République Islamique.
Dans la Constitution de la République Islamique, il est clairement stipulé que
le pouvoir appartient au Dieu et son représentant qui est le « guide
suprême ». Ce raisonnement qui gouverne depuis 30 ans en Iran, montre bien
que l’étiquette de « démocrate » ne colle à aucun des candidats.
Les
4 candidats ont participé aux exécutions sommaires des années 80 des
communistes et progressistes et des minorités, la fermeture des universités
pendant 2 ans pour les « purger des
éléments athées », le massacre à Kurdistan et Turkmène Sahara, et la mis en
place des lois de la Charia, etc. (la liste est longue !)
Il faut noter que Moussavi
n'est pas un réformateur, c'est la tendance modérée des conservateurs. Le
« meilleur réformateur » que la République islamique n'ait
jamais eu au pouvoir c'est Khatami, qui n'a jamais rien réformé. Le réformisme
au sein du régime n’est qu’une illusion dans le but de sauver le régime de sa
crise politique. Durant 30 années de la
République Islamique, les différentes tendances au sein du clergé ont essayé de
mettre à jour l’islam en tant qu’un système politique mais en vain. En fait, la
réforme pour un système basé sur les lois divines sera de le vider de son
contenu religieux. Autrement dit, il sera la question de la séparation complète
de la religion et le pouvoir politique. C’est-à-dire le clergé prendrait son
retrait de la scène politique. D’où l’échec du régime dans ses tentatives de
« moderniser » l’islam.
L’étiquette
« réformatrice » et « conservatrice » pour les candidats présidentiel
en Iran, sont des étiquette fabriquées par les médias occidentaux pour
distinguer les uns aux autres et à l’occasion cultiver l’illusion sur une
tendance au sein du régime. Ces étiquettes ne collent pas à la réalité
politique de différentes factions du gouvernement iranien!
Pour
connaître mieux la situation politique actuelle en Iran, c’est nécessaire de
connaître les 4 candidats pour les élections présidentielles.
Mohsen Rezaï : En 1981,
Rezaï a été désigné par Khomeiny, pour diriger le corps des Pasdaran (gardiens
de la révolution), l’armée d’élite de la République islamique. Il est resté à
ce poste jusqu’au 1987. C’est la 1ère force de répression en Iran. C'est une sorte d'armée séparée avec sa
propre marine, son aviation, son ministère et sa milice de volontaire :
les « bassidjis » qui tabassent actuellement les manifestants. L’organisation des gardiens de la révolution islamique supervise
aussi la milice islamiste (les bassidjis). En dehors de son passé criminel à
l’intérieur du pays entre 81 et 87, Rezai est visé par un mandat d’arrêt
international lancé par l’Argentine pour son rôle dans l'attentat à la bombe
commis en 1994 contre le siège de l’organisation juive Amia (85 morts).
Après
sa démission des corps de Pasdaran, il a été désigné par Khomeiny, en tant que secrétaire
du Conseil de Discernement. Il dirige la commission de l’économie du Conseil.
Il est aussi dans le groupe de travail du gouvernement pour mettre en place le
plan politique pour attirer les investissements étrangers.
A 72 ans, Karoubi, qui a présidé deux fois le Parlement (dont de 2000 à 2004),
était arrivé troisième au premier tour en 2005. Lors de cette élection, il
avait mis en cause une ingérence des milices islamiques qui appuyaient Ahmadinejad.
il est également le chef du parti de la
Confiance nationale. Karoubi avait été désigné par Khomeiny, en 1980, pour diriger
la fondation de martyre, le centre financier le plus important des clergés en
Iran. Il a été mis en cause indirectement pour des grandes corruptions au sein
de cette fondation.
Quant à Moussavi,
qui se proclame réformateur pour cristalliser tous les espoirs et récupérer le
mouvement grandissant, le peuple iranien n’a rien à en attendre :
Mir Hossein Moussavi, dite un « conservateur modéré » et
principal rival d’Ahmadinejad pour la présidentielle du 12 juin 2009. Il était passé dans l'ombre après avoir servi comme
Premier ministre pendant la guerre irano irakienne.
Il a été un des fondateurs du parti islamique qui a soutenu Khomeiny après le
départ du Shah.
Moussavi
connu pour son rôle dans « le massacre des prisons » durant les années 80. De
dizaines de milliers de prisonniers politiques avaient alors été exécuté.
Moussavi a
dirigé le gouvernement iranien de 1981 à 1989. A peine 2 ans après la
révolution islamique en 1979, Khomeiny lui a confié cette responsabilité des
années les plus sombres du régime islamiste. Il est connu pour être l’un des
principaux acteurs de la répression de l’opposition durant cette période. Il a
été aussi le chef de gouvernement qui
envoyait, pendant la guerre contre l’Irak, les enfants en première ligne dans
les champs de mines avec en pendentif une clef en plastique pour le paradis
d’Allah.
Donc Moussavi
est bien depuis 1979 l’un des principaux piliers de ce sinistre régime. Après
avoir été Premier Ministre il a ensuite servi de conseiller aux présidents
Akbar Hachémi Rafsandjani (1989-1997), et Mohammad Khatami (1997-2005).
Il se définit très attaché aux principes de la révolution islamique de 1979.
Dans son programme, Il fait de l’économie sa
priorité et entend s’attaquer à l’inflation (supérieure à 35 % en Iran).
Il veut remettre
en place cette politique « pure » des années 80 et revitaliser
les principes
fondamentaux de la république islamique.
Il est par ailleurs membre du Conseil de discernement, un organe
d'arbitrage dirigé par Hashemi Rafsandjani.
Dans son programme il s'est engagé à ramener la stabilité dans une économie
secouée par la politique menée par Ahmadinejad. En politique étrangère, il veut
changer l'image « extrémiste » du pays à l'extérieur. Une référence
aux déclarations d’Ahmadinejad, que ce soit contre Israël ou les occidentaux.
Dans sa 5ème
déclaration daté du 21/06/09, il dit clairement : « le fait que les
jeunes ont crié Dieu est grand dans les rues, c’est un miracle
puisqu’ils s’étaient éloignés des valeurs divines. Il reproche à ses
adversaires de traiter ces jeunes qui crient « Dieu est grand », de
vouloir faire une « révolution de velours ». Ainsi il se passe pour
le sauveur de la République Islamique en donnant un tournant divin à la
compagne électorale et ainsi en ramenant les jeunes vers les valeurs islamiques.
Il finit sa déclaration ainsi :
« En
tant qu’un frère pour trouver de nouvelles solutions, je demande, spécialement
au jeunes de ne pas laisser les menteurs et les tricheurs de vous voler le
flambeau de défense de système islamique. Ne pas les laisser de vous confisquer
l’héritage précieux de la révolution islamique. Ayez confiance en Dieu et
l’espoir en avenir en vous reposant sur vos capacités, menez vos démarches
désormais sans violence et selon la législation. Le bassidji (milice islamiste)
n’est pas en face de nous mais il est notre frère. Le pasdar (gardien de la
révolution) n’est pas en face de nous mais il le protecteur de la révolution et
notre système islamique. L’armée n’est pas en face de nous, elle est
protectrice de nos frontières. Nous ne sommes pas en face notre système sacré
et ses structures légales. Ces structures assurent notre indépendance, notre
liberté et notre république islamique ».
Le régime de
la République Islamique n’est pas par nature une démocratie. C’est un régime
théocratique islamique. Le coran et la Charia sont sources de loi et le
régime est en fait conduit par un « guide spirituel » : hier Khomeiny
aujourd’hui Khamenei.
Moussavi
parle clairement dans sa neuvième déclaration datée du 30/06/09 de la confiance
du peuple à la République Islamique depuis 30 ans et qui a été brisée le 12
juin 2009 suite à la fraude électorale ! Il demande aux dirigeants de se
saisir sinon il y a un danger potentiel contre le système islamique. Il leur
dit « nous devons retourner vers l’islam, l’islam pur du Mohamed. Nous
devons retourner vers notre constitution que nous l’avons œuvré avec beaucoup
d’espoir ».
Alors que ce
que nous avons assisté ces derniers temps, a montré clairement le ras le bol
général d’une population qui ne supporte plus ce régime et qui n’a jamais eu
confiance en régime.
Cette
constitution dont Moussavi instamment s’y inscrit, a pour caractéristique de
considérer le peuple comme un troupeau et le guide comme berger qui et
représentant de dieu sur terre! Nous citons ici quelques articles de cette
constitution que Moussavi et sa vague verte veulent renforcer:
Article 2 de la Constitution de
la République Islamique d’Iran qui traite des Principes Fondamentaux:
« La République islamique est un système basé sur la croyance en
un seul Dieu. Sa souveraineté exclusive et son droit de légiférer et la
nécessité de soumission à ses commandements… »
Article
56 :
« La souveraineté absolue sur le monde et
l'homme appartient à Allah…. ».
Article 57 :
« Les pouvoirs de gouvernement dans la
République islamique sont investis dans la législature, le pouvoir judiciaire
et les pouvoirs exécutifs, fonctionnant dans la surveillance du Leader
religieux absolu ».
Nous
trouvons aussi la trace de cette constitution, basée sur la charia, dans le
code pénal islamique* d’Iran :
Article 91 du code pénal
islamique : « Chaque musulman adulte de l'un et l'autre sexe,
coupable du crime d'adultère sera puni publiquement, s'il est célibataire avec
une pénalité de cent coups du fouet et l'emprisonnement d'une année. Autrement
la peine de mort en lapidant, sera prononcée quant à un couple marié ou divorcé. Quant à une femme enceinte la peine
de lapider ou fouetter sera différée jusqu'à après l’accouchement …. ».
En effet, Moussavi
voulait renforcer l’application d’une constitution avec laquelle le régime de
la République Islamique a instauré ses 30 ans de terreur en réprimant les
luttes des peuples en Iran.
Ahmadinejad, 52 ans veut
« juste servir le peuple ». il se présente comme un dévot de l'islam
et un homme du peuple. Il fait ainsi fréquemment référence au « Mehdi »,
le douzième imam de l'islam chiite, dont les fidèles croient qu'il reviendra
sur terre pour y instaurer un règne de justice.
Il a aussi conservé une apparence très simple, se vêtant modestement avec un
blouson.
Il est notable de signaler que les dirigeants de la République
Islamique, pendant la guerre irano-iraquienne, reconnaissait imam Hussein (le 3ème
imam des chiites) comme symbole de martyre pour l’Islam. Nous trouvons les
références de cet imam dans tous les discours guerriers de dirigeants de
l’époque pour motiver la troupe de continuer la guerre sainte ! Mais il se
trouve que cet imam ne les a pas conduits à la « victoire sacrée »
qui était « la conquête de Karbala » et il les a plutôt conduits à l’échec.
Le slogan du régime étant « la guerre sainte jusqu’à la victoire », avec
Mehdi, il trouve son compte puisque pour l’apparition de Mehdi, il faut mener
la guerre sainte jusqu’à la disparition de pêchés sur terre ! Il faut
savoir que ces références de l’islam chiite ont toujours eu un impact important
dans la définition de politique intérieur et extérieur du régime quelque soit
la tête qui dirige le pays.
Ahmadinejad, c'est le populiste fasciste, qui joue sur la peur de l'étranger et le pseudo
postures nucléaires et négationnistes. Il incarne le refus de l'Iran de suspendre son programme
nucléaire. Sur ce terrain, il réuni toutes les tendances du régime autour de
lui ; « conservateurs » et « réformateurs ».
Son bilan économique est désastreux comme celui des autres candidats. Il a entraîné une forte inflation mais aussi plus de pauvreté et
de chômage. Depuis la révolution islamique, le taux de la misère et du chômage n’a
jamais cessé d’augmenter. Les gouvernements successifs ont dépouillé la richesse
du pays chacun à son tour.
Ahmadinejad
prétendait, lors de la campagne électorale de 2005 de « mettre l'argent du
pétrole sur la table des gens » !!
Ahmadinejad a donné aux « pasdaran » des postes clés dans des
ministères importants comme le pétrole ou le nucléaire.
Il a annoncé
sa fidélité aux valeurs de la révolution islamique et a bénéficié jusqu'ici
d'un soutien quasiment sans faille du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.
Que se passera-t-il ? Difficile à
prévoir. Quoi qu'il advienne, les choses ont déjà changé. Le Guide suprême est
contesté dans son choix. Or précisément, un Guide suprême n'est pas censé se
tromper. Les choses ont changé car le régime dans sa totalité a peur. Il a peur
parce que le peuple l’a désavoué dans les rues. Khamenei tremble sur son trône
de cette déstabilisation politique sans précédente.
Ainsi, les
candidats à la présidentielle ne le sont que parce qu'ils ont reçu
l'autorisation de ce régime de se présenter à cette élection. Ce sont tous des
candidats « officiels » !
Comme
toujours en république islamique, les candidats sont des caciques du régime,
qui représentent des intérêts différents. Il s’agit d’une lutte d’influence
acharnée entre les factions au pouvoir. L’enjeu est le contrôle de la rente
pétrolière, de l’import-export et de l’économie plus largement et mener à bien
le capital.
Les
médias veulent transformer Moussavi en dirigeant de ce mouvement alors qu’il
n’est rien d’autre qu’un fidèle au système de la République Islamique. Par
conséquent, il ne peut pas diriger un mouvement qui vise le système de la
république Islamique dans sa totalité.
Le régime de la République Islamique se maintient par la terreur
et l'oppression depuis 30 ans, mais cela ne fonctionne que tant que les masses
demeurent effrayées et inertes. Le régime veut se venger des jeunes qui ont
affirmé leur opposition au mépris de la peur et de la mort. Une fois que le
peuple laisse sa peur du régime de côté et entre en action, la répression, la
police secrète et toutes ses effroyables méthodes s'avèrent souvent
impuissants.
La
ligne de démarcation avec le régime de la République Islamique dans sa totalité,
peut donner à ce mouvement la cohésion et la force nécessaires. La lutte pour
de véritables droits démocratiques, la
liberté d’expression, le droit de grève, le droit de tenir des élections
libres, de constituer des syndicats libres et des partis politiques ainsi que
pour la justice sociale et l’abolition de toutes les lois discriminatoires et
châtiments islamiques contre les femmes, séparation de la religion et l’état,
et les droits des peuples opprimés et des minorité religieuses passera par le
renversement du système de la République Islamique en tant qu’une structure économique,
politique, culturelle et juridique.
Ces Iraniens, qu’Ahmadinejad a traités de
« poussières », se sont soulevés. Et ces grains de poussière marqueront
l’histoire.
Mahchid MODJAVERIAN
(mahchid123@yahoo.fr)
Azar DARAKHSHAN (azar_darakhshan@yahoo.com)
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